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Comment réagir face à la colère de son enfant ?

Publié le 31 mars 2026

Votre enfant se met très souvent en colère et vous vous trouvez démunis ? Vous cherchez comment apaiser la situation explosive alors que vous-même avez du mal à rester calme ? Ce type de situation est très fréquent. La colère est une émotion forte que les enfants ont un mal fou à dompter. Vous vous retrouvez alors, trop souvent, dans le rôle que vous pensiez ne jamais avoir à tenir : un parent souvent nerveux, qui sort de ses gonds, qui crie, menace ou punit !

En effet, la colère est un état affectif passager mais qui est, sur le moment, impressionnant et déroutant. Les recherches montrent que lorsqu’un enfant est submergé par ses émotions, son cortex préfrontal, la partie du cerveau liée au raisonnement, est en mode veille : c’est pourquoi, lorsqu’on cherche à le raisonner, on échoue.

Il existe, selon l’experte en parentalité Reem Raouda, une attitude qui fonctionne et qui va à l’encontre de bien des comportements que l’on peut avoir tendance à adopter : il s’agit de ne rien dire ! Inutile, en effet, explique Reem Raouda, de dire à un enfant en colère de se calmer, ou de parler… « Souvent, le moyen le plus rapide de mettre fin à une crise est le silence, » précise-t-elle.

Elle recommande de s’asseoir près de l’enfant, en silence, pour lui signifier qu’on est là, pour le sécuriser, si il en a besoin. On attendra que sa respiration s’apaise pour tenter d’entamer le dialogue.

Pour l’experte, notifier sa présence sans chercher à raisonner est donc bien la bonne attitude. Vous pouvez ajouter une phrase simple qui n’attend ni réponse ni raisonnement de la part de l’enfant, comme « je suis là ». « Cette petite phrase est une bouée de sauvetage », dit l’experte. Etre là, aux côtés de l’enfant,malgré ces émotions excessives,est une preuve d’amour.

Vous ne vous éloignez pas, vous ne menacez pas de conséquences, vous le ramenez simplement vers vous pour rétablir le lien, explique-t-elle. Le lien régule les émotions et offre une sécurité émotionnelle qui permet à l’enfant de se calmer naturellement. 

« Ce que tu ressens est vraiment fort, n’est-ce pas ? »

Là encore, Reem Raouda invite à ne pas demander de raisonnement ni d’explication, mais plutôt à utiliser ce type de phrase de reformulation pour montrer à l’enfant que l’on comprend qu’il est émotionnellement affecté. De nombreux parents ont tendance à vouloir minimiser l’émotion de leur enfant au moment d’une crise, mais ce qu’il ressent est bien réel. Il suffit de faire appel en nous à la mémoire de nos propres ressentis lorsque nous avons été très en colère… 

C’est pourquoi valider les émotions de l’enfant, la colère, mais aussi l’anxiété, la peur ou la tristesse, permet de le calmer bien plus rapidement qu’en tentant de le raisonner. « La validation active les voies apaisantes du cerveau. Lorsque les enfants se sentent compris, leur corps relâche la tension. Et c’est la première étape vers la conscience émotionnelle, »ajoute l’experte.

Pour cette experte, inciter à un temps d’arrêt permet également, dans la logique d’extraction, d’apaiser rapidement un enfant en colère. Il suffit parfois d’amorcer un mouvement libérateur. Inviter l’enfant à marcher un peu ou à se déplacer pour aller s’assoir ailleurs en respirant permet un retour au calme plus rapide. 

En accompagnant l’enfant dans ce mouvement, vous êtes pleinement à ses côtés et ne produisez pas de mise à l’écart. « La proximité rétablit la sécurité plus rapidement que l’isolement ne pourrait jamais le faire, » explique Reem Raouda.-psychologies.com-