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La chronophobie ou la peur du temps

Publié le 1 mars 2024


La chronophobie ou la peur du temps qui passe. « Oh, là, là ! Oh, là, là. Je vais être en retard ! », s’exclame le lapin blanc d’Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll. Vous aussi, vous avez toujours l’impression de courir après le temps ? Vous ne le voyez pas passer ? Vous faites tout pour en gagner, mais il vous file entre les doigts ? Notre perception du temps est très subjective : les déjeuners estivaux entre copains durent un instant… quand les minutes s’allongent dans la salle d’attente du médecin ! Formée du préfixe grec chrono, « le temps », et du suffixe phobos, « la crainte, l’effroi », la chronophobie désigne la peur extrême du temps. Les personnes atteintes de ce trouble anxieux ressentent une angoisse lorsqu’elles pensent au temps qui passe. Le développement des phobies repose sur des mécanismes psychologiques, biologiques, affectifs ou encore génétiques complexes. Si dans les phobies spécifiques ou simples, l’objet phobogène est facilement identifiable (chats, oiseaux, araignées, etc.) dans le cas de la chronophobie, il est plus abstrait. Le chronophobe peut avoir subi une expérience négative ou un épisode traumatique lié au passage du temps. Chez les chronophobes, certaines dates ou périodes comme les vacances, Noël, la nouvelle année, les anniversaires, ou encore les remises de diplômes peuvent déclencher une véritable angoisse. Ils ont alors l’impression de ne pas avoir de prise sur le temps qui passe et peuvent éprouver une peur intense de la mort (thanatophobie). Il est possible que d’autres symptômes se manifestent tels que : une grande anxiété ; des palpitations, une accélération du rythme cardiaque ; une sensation d’oppression ; des nausées ; une transpiration excessive ; des vertiges et étourdissements, etc. Lorsque la peur du temps qui passe devient trop envahissante et que le sujet phobique adopte des comportements obsessionnels – par exemple, marquer les jours du calendrier ou être rivé en permanence à sa montre – il est bon de consulter un professionnel de santé. Celui-ci s’assurera qu’il s’agit bien d’une phobie et vérifiera également s’il existe d’autres troubles anxieux associés. Après la confirmation du diagnostic, celui-ci proposera un projet de soin adapté et personnalisé. Si nul n’est à l’abri de développer une phobie, il semble que les personnes âgées ou malades ainsi que les détenus en fassent plus souvent l’expérience. D’ailleurs, les professionnels de santé parlent de « névrose de la prison ». Celle-ci survient chez les condamnés qui éprouvent des difficultés à s’adapter à une longue peine et se caractérise par : de l’agitation ; une claustrophobie (peur de l’enfermement) ; de l’anxiété ; des attaques de panique. -passeportsante.net-